Rencontres à la Maison européenne de la photographie

Gérer et promouvoir un fonds photographique

Compte rendu des tables rondes organisées par l’APFP

Sur ce thème et ces questions, l’Association pour la promotion des fonds photographiques a tenu réunion le jeudi 15 octobre dernier, de 10h à 13h30, dans l’auditorium de la Maison européenne de la photographie à Paris.
La jauge en vigueur limitait à 40 le nombre des participants avec port du masque et distanciation physique. Parmi eux, de nombreux photographes, comme Hervé Gloagen, Jane-Evelyn Atwood, Bernard, le fils d’Édouard Boubat, ou Camille, la fille de Thibaut Cuisset, s’étaient déplacés.

Dans son introduction, Françoise Denoyelle, présidente de l’APFP, expliqua le cadre et le but de cette réunion : confronter des expériences en dehors de tout cadre administratif ou officiel afin que la parole puisse s’exprimer librement. 

Dans ce but une première table ronde, modérée par la présidente, réunissait mesdames Josette Gautrand et Isabelle Marquis
Confrontées à un décès récent, elles ont évoqué les problèmes administratifs auxquels elles furent confrontées. Mais aussi comment continuer à faire vivre un fonds. Heureusement, l’une comme l’autre avaient travaillé plus ou moins longtemps avec le photographe de son vivant. 
Ce n’est pas toujours le cas. Françoise Denoyelle a souligné que, trop souvent dans les successions, les héritiers sont contraints de libérer rapidement les lieux de vie et d’habitation en ne sachant quoi faire d’un fonds qui prend trop de place.
En dehors de la valorisation du fonds furent également évoquées les questions des archives autres que photographiques, les numérisations, les tirages et retirages ou encore la vente de tirages photographiques (vintages ou pas).

La seconde table ronde, modérée par Véronique Figini, trésorière de l’APFP, réunissait Catherine Riboud, Lorène Durret, directrice de l’Association des amis de Marc Riboud, et Martin Garanger. Les premières rompues à la gestion d’un fonds important en définirent les contours et les problématiques de diffusion.
Profondément marqué par la succession difficile de son ami Ernst Haas, qui avait abouti à la division du fonds en deux parties, Marc Riboud, de son vivant, avait clairement défini par testament sa destination. 
Rebuté par plusieurs propositions officielles, il avait trouvé avec le Centre Pompidou, d’une part, et le musée Guimet, d’autre part, des solutions encadrées par Catherine Riboud et l’Association des amis de Marc Riboud, pour sa mise en valeur, que ce soit sur le plan des expositions ou de l’édition.
Martin Garanger, quant à lui, continue le travail qu’il exerçait déjà avec son père : tirages, diffusion. Mission confiée verbalement du vivant de son père et en accord avec la succession. Une tâche énorme puisqu’il se trouve à gérer 2,6 millions de négatifs et surtout de diapositives. Sans oublier toutes les archives concernant l’implication de son père dans les organisations professionnelles : présidences de l’ANPPM, de l’UPC ou co-création de la SAIF…

Après une série de questions concernant les numérisations, la propriété des scans et les nombreuses questions juridiques qui se posent, Denis Rouillard, président de l’association PACE, exposa les difficultés rencontrées par l’ex-galerie du Château d’eau qu’elle gérait à Toulouse.

Dans sa conclusion, Bernard Perrine, secrétaire général de l’APFP, souligna que si l’on retrouve des conditions et un cadre juridique commun, chaque situation recèle ses particularités propres. On a pu le déceler à travers les exposés des participants des deux tables rondes ; mais surtout, comme l’a mentionné Françoise Denoyelle, à travers des situations plus préoccupantes. Si madame Bauret a pu conserver le fonds de Jean-François Bauret dans ses locaux d’origine avant de le confier au musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône, il n’en fut pas de même pour les fonds de Pierre Jahan, d’Yvette Troispoux et bien d’autres.

Évoquant le nombre de demandes émanant de photographes se questionnant sur l’avenir de leurs fonds, Françoise Denoyelle rappela également qu’il n’y avait pas que les grandes institutions qui étaient susceptibles d’accueillir des fonds photographiques. Parfois des instances régionales bien équipées et moins sollicitées peuvent être préférables car l’intérêt de la proximité évitera une mise en sommeil. 
On peut citer le travail de Jean-Baptiste Leroux sur les jardins de la Principauté de Monaco qui a ainsi rejoint les collections princières.

Par ailleurs, devant les nombreuses interventions concernant les numérisations, il convient de mettre en garde sur les buts, les intérêts, la qualité des scans, l’environnement juridique concernant la propriété intellectuelle et les risques de piratage.
Il en va de même pour la diffusion, qui dépend essentiellement du contenu du fonds, et de la vente de tirages, qui oblige à avoir une information sur le marché des tirages photographiques et ses évolutions.

Pour terminer, Bernard Perrine conclut sur une note réconfortante en soulignant que nous étions encore dans les générations de la photographie argentique. En effet, les problèmes seront beaucoup plus compliqués quand les successions seront à la tête de fichiers numériques ou de disques durs. 
Car, en dehors des onéreuses duplications obligatoires pour éviter les disparitions, des mises à jour seront nécessaires pour pouvoir continuer à visualiser et à exploiter ces fonds lorsque les logiciels évoluent, mais surtout lorsque les ordinateurs adapteront les technologies quantiques et que les stockages deviendront atomiques.
On peut alors penser que tout fichier non tiré sur un support pérenne sera appelé à disparaître.

À 13h30, la présidente leva la séance et les participants furent invités à visiter les expositions accrochées sur les cimaises de la Maison européenne de la photographie.

Bernard Perrine

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Courrier n°32, 24 septembre 2020

Bonjour à toutes et à tous,

L’APFP souhaite vous convier à une matinée de rencontres et d’échanges.
Nous vous proposons de nous retrouver le jeudi 15 octobre 2020
à l’Auditorium de la Maison européenne de la Photographie (MEP),
5/7 rue de Fourcy, Paris 4e, de 10 h à 13 h.

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Gérer, promouvoir un fonds photographique

Beaucoup, parmi les adhérents de l’APFP, sont les ayants droit d’un fonds.
Leur expérience est diverse. Les uns, les unes, étaient déjà des professionnels de l’image,
d’autres ont découvert un univers dont ils étaient, par leur profession, assez éloignés.
Certains assurent cette mission depuis longtemps, d’autres, depuis fort peu.
Certains ne gèrent que le droit moral et d’autres, l’ensemble des droits. 

Pour échanger, faire part des difficultés et des joies, partager des expériences,
l’APFP vous propose le programme suivant autour de deux tables rondes :

De 10 h à 11 h 30
Mot d’introduction de Françoise Denoyelle, présidente de l’APFP

Table ronde n°1 avec :
Josette Gautrand et Isabelle Marquis
Modératrice : Françoise Denoyelle

De 11 h 30 à 13 h
Table ronde n°2 avec :
Martin Garanger, Corinne Jamet-Vierny et Catherine Riboud
Modératrice : Véronique Figini, trésorière de l’APFP

Mot de conclusion de Bernard Perrine, secrétaire général de l’APFP

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IMPORTANT !

En raison des consignes sanitaires et de la jauge réduite de l’auditorium (40 personnes maximum), il est impératif de vous inscrire au préalable.
Pour ce faire, merci d’envoyer un mail à Emmanuelle Vergon : emmanuellevergon@gmail.com

Par sécurité, veillez à consulter régulièrement cette page afin d’être informés de tout changement de dernière minute, en particulier la veille des rencontres, le mercredi 14 octobre 2020. 

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La crise sanitaire a retardé le retour des cotisations, aussi merci de continuer à soutenir notre action, laquelle permet de vous tenir informés, en renouvelant votre adhésion, si cela n’est déjà fait (bulletin joint au courrier postal).

Merci et à bientôt,

Le bureau

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Courrier n°31, 3 juin 2020

Vers le déconfinement

 Nous espérons que vous et vos proches, vous vous portez bien.

Comme vous le savez, en raison de la pandémie, les activités liées à la photographie patrimoniale ont pratiquement cessé à quelques exceptions près. Nous reprenons néanmoins contact avec vous avant l’été après avoir pu tenir la réunion des adhérents le 25 février 2020.

La commission des dons et legs, le Parlement des photographes n’ont pu se tenir. Le Jeu de Paume, comme tous les lieux culturels, est fermé. Des travaux sont prévus avec une fermeture de l’été 2020 à février 2021. Dans notre courrier n°30 de janvier 2020, nous évoquions la refonte des statuts du Jeu de Paume. Elle est remise à la fin de la pandémie.

+ PhotographieLes acquisitions des collections publiques (ouvrage collectif)

La Délégation à la photographie et sa déléguée Marion Hislen ont lancé une édition annuelle, Les acquisitions des collections publiques, proposant un large panorama des acquisitions des principales institutions (CNAP, FRAC, musées, archives, bibliothèques, médiathèques, aux compétences, nationales, régionales, départementales et communales). Cette publication se veut un outil de travail à disposition des photographes et des professionnels de la photographie.

La première édition, consacrée aux années 2017-2018, présente les photographies et documents de 27 institutions auxquelles s’ajoutent neuf autres par le biais d’« Histoires courtes » et plusieurs autres au travers de « Croisements ». Un recensement plus large figure dans les annexes où sont indexés tous les artistes présentés et l’ensemble des institutions qui les ont accueillis. Plusieurs des adhérents de l’APFP, ou photographes dont les ayants droit sont adhérents, sont référencés tant dans les 231 notices de l’ouvrage[1] que dans le listing répertoriant les acquisitions 2017-2018 des institutions présentes dans l’ouvrage[2]. Une deuxième publication dédiée aux années 2019-2020 est prévue.

Retrouvez le livre ici : Paris, ministère de la Culture / Ed. Le bec en l’air, mars 2020

Le Château d’eau à Toulouse

Depuis janvier 2020, la mairie de Toulouse a destitué l’association PACE, créée par Jean Dieuzaide en 1981, qui gérait financièrement la galerie et son personnel. Une régie municipale est désormais l’outil de gestion de cette galerie de photographies connue en Europe pour son architecture et surtout pour sa programmation exemplaire.

Les deux mois de confinement ont permis au bureau de PACE de travailler en visioconférence afin d’élaborer un plan de relance soumis à un administrateur judiciaire. Un projet pour les cinq ans à venir est écrit et déposé. La mairie de Toulouse a racheté en mai une partie du stock librairie, ce qui permet à PACE de faire face aux frais de justice, d’estimation de la collection réalisée par un commissaire-priseur toulousain. Une responsable administrative a été nommée par la mairie. Le poste de direction artistique reste vacant. Le 2 juin 2020, la galerie fermée pour cause de Covid 19 va rouvrir avec l’exposition Bernard Descamps.

Le 9 juin, l’association PACE passe en jugement au tribunal de Toulouse. La mairie a baissé ses subventions de 25% depuis 2015 et revendique maintenant la propriété des collections de PACE, laquelle a créé un espace sur HELLO ASSO afin de retrouver ses adhérents et défenseurs de ce lieu patrimonial qui a marqué Toulouse et bien au-delà.

L’agence Roger-Viollet à Paris

L’agence Roger-Viollet est reprise pour cinq ans par le groupe NDLR/Photononstop représenté par Gilles Taquet. Les photographes indépendants, leurs ayants droit, réunis en un collectif de 15 personnes, se sont mis d’accord avec le repreneur de l’agence Roger-Viollet pour prolonger de quatre mois les contrats passés avec La Parisienne de Photographie, caducs au 31 décembre 2019. Ce délai est passé. En raison de la pandémie, le collectif est toujours en discussion avec Dominique Lecourt sur le contenu du contrat-type proposé début mai. En attendant la version définitive, les fonds sont diffusés par la société Delta Images, enseigne commerciale Roger-Viollet.

La conférence de presse annuelle de l’APFP

En raison de l’annulation des Rencontres de la Photographie d’Arles 2020, notre conférence de presse annuelle ne pourra avoir lieu et nous ne serons pas en mesure, comme d’habitude, de vous tenir informés des dernières déclarations ministérielles ou en lien avec des projets photographiques d’ordre patrimonial. La période de l’automne et les manifestations telles que Paris-Photo seront certainement plus propices à recueillir des informations qui feront l’objet d’un prochain courrier.

Hommage

L’APFP s’associe à la douleur de la famille de Marc Garanger disparu en mai. Vous pouvez retrouver, en ligne sur le site de l’APFP, la biographie de ce photographe qui a soutenu l’ADIDEPP, puis l’APFP, dès la première heure.

Adhésion

Pour ceux qui n’ont pas encore réglé leur cotisation 2020, nous vous joignons un bulletin pour reconduire votre adhésion. C’est parce qu’elle est forte de plus de 300 adhérents que l’APFP peut poursuivre son action en faveur des fonds photographiques et maintenir son rôle d’interlocuteur incontournable auprès de l’État ou tout autre acteur public. Votre soutien est plus que jamais indispensable.

Pour le bureau :
Françoise Denoyelle, Véronique Figini
Bernard Perrine, Michel Rager, Donatien Rousseau
APFP, 20 rue Jouye-Rouve – 75020 Paris


[1]  M. Kenna, p. 48, 116 ; B. Konopka, p.85 ; B. Plossu, p. 166 ; S. Weiss, p.100

[2] V. Ascolini, p. 235 ; M. Cerf, p. 227 ; D. Darbois, p. 235 ; R. Doisneau, p. 235 ;  M. Kenna, p. 228, 233 ;  F. Kollar, p. 230 ; B. Konopka, p. 226, 228 ; P. Le Bescont, p. 232 ; A. Lejarre,  p. 228 ; E. Muller, p. 230 ; J. Niépce, p. 233 ; J. Ostier, p. 230 ; B. Plossu, p. 231 ;  René-Jacques, p. 235 ; J. et A. Seeberger, p. 228 ; M. Séméniako, p. 235 ; S. Weiss, p.231.

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Faire-part

C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons le décès de Michel Rager. Veuillez trouver ci-dessous le faire-part et les informations relatives à la cérémonie.

Faire-part Michel Rager

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Hommage à Marc GARANGER

Marc Garanger, photographe (1935-2020)

Marc Garanger,

De la dignité avant toutes choses,

Et pour cela préfère l’empathie.

Dans l’histoire de la photographie, Marc Garanger restera l’auteur de Femmes algériennes (1982), ce qui est peu au regard de l’importance de son œuvre, mais la densité du propos, la justesse du regard de ce jeune homme déjà professionnel portaient haut les exigences qui nourriront son œuvre à venir.

J’ai rencontré Marc à la fin des années 1970, il avait publié Togliatti (1965), un reportage avec son ami l’écrivain Roger Vailland sur les funérailles de Palmiro Togliatti, secrétaire général du parti communiste italien. Il me racontait le voyage avec Vailland qu’il connaissait depuis 1957-1958. Je regardais les images des militants, la geste du monde ouvrier digne dans la douleur. Elles n’étaient pas sans rappeler les images de Capa et Chim des brigades internationales quittant l’Espagne en octobre 1938. Mais c’est aux souvenirs de Vailland dans Écrits intimes (1972) qu’il faut maintenant revenir. « La dernière occasion sans doute d’assister en Occident à un grand spectacle populaire et signifiant pour ceux qui se donnent. (…) Le soir du 21 août, décidé vers minuit de partir pour les obsèques de Togliatti avec Janine et Marc Garanger, et Rozir et Violette dans leur 4 CV (…) Étonnante beauté fière de la compagne de Togliatti aux obsèques, le défi politique en même temps que la veuve, quand les sentiments et l’histoire ne font qu’un. » Cette même année, Garanger avait accompagné Vailland en Grèce. Il fera de nombreux portraits de l’écrivain et particulièrement lors de sa dernière année en 1965.

Ses portraits de femmes algériennes, Garanger les réalise pendant la guerre d’Algérie, entre mars 1960 et février 1962. À 25 ans, après avoir épuisé tous les sursis possibles, il est intégré au 2e régiment d’infanterie stationné dans le secteur d’Aumale, aujourd’hui Sour El Ghozlane. Photographe professionnel depuis 1957, anticolonialiste, il est embarqué dans une guerre qui n’est pas la sienne. Devenu photographe officiel du régiment, la photographie va d’abord s’avérer une soupape pour Garanger ensuite une arme qu’il compte bien utiliser à un moment ou un autre.

« Je photographiais tout ce que je pouvais de la vie de ces gens que nous, Français, détruisions en prétendant agir pour le bien des populations. Or, mon respect allait à ceux qui subissent cela, pas à ceux qui le leur imposaient », déclare-t-il à Clothilde de Ravignan.

Envoyé à Aïn Terzine, pendant dix jours, il tire le portrait de plus de deux mille femmes algériennes qui doivent se dévoiler pour répondre aux exigences d’identification ordonnées par le commandant. Les photographies serviront pour des papiers d’identité. Se souvenant du travail d’Edward Curtis sur les Indiens décimés par les Américains, il réalise des portraits qui témoignent de « la rébellion de ses femmes » et se jure de faire connaître leur dignité et leur combat.

En 1961, durant sa seule permission en France, Garanger rencontre Rober Barrat, journaliste, directeur du bureau parisien de l’hebdomadaire Afrique Action et signataire du Manifeste des 121 pour lequel il a été brièvement incarcéré. Il lui conseille de se rendre clandestinement en Suisse pour proposer quelques portraits des femmes algériennes à L’Illustré suisse. À son retour en France, il apprendra que la semaine suivant son passage à la rédaction, six portraits ont été publiés en double page avec un texte de Charles-Henri Favrod, alors proche du FLN et auteur de La Révolution algérienne en 1959 et de Le FLN et l’Algérie en 1962. Durant l’été 1962, à Meillonnas, chez Vailland, Garanger présente ses photographies à Francis Jeanson, toujours clandestin après le procès de son réseau de porteurs de valises. Ils évoquent la dernière publication de Dominique Darbois, clandestine elle aussi pour les mêmes raisons. L’ouvrage de cette jeune photographe, Les Algériens en guerre, brulot sorti en Italie, est interdit en France (1961).

En 1965, Pierre Gassmann, directeur du laboratoire Picto, aide Garanger à constituer un dossier. Il retravaille ses portraits algériens auxquels il ajoute les images des militants communistes italiens. Le dossier exige un travail conséquent sur les portraits dont il reconsidère le format et l’arrière-plan. En 1966, il obtient le prix Niépce. Les photographies sont reprises dans la presse nationale et internationale. Paris Match en assure une large diffusion. Claude-Olivier Stern les présente à la Maison de la culture du Havre en 1970, à une époque où les expositions de photographies sont rares et les fait circuler dans les autres Maisons de la culture.

En 1974, un journaliste de Jeune Afrique lui signale que le commandant Ben Chérif, qu’il avait photographié dans sa cellule à Aumale, est maintenant un membre du Conseil de la Révolution proche de Boumediene. Il prend contact avec lui. S’en suivent une invitation et une exposition en Algérie.

Il faudra ensuite attendre 1981 pour qu’Alain Desvergnes présente en soirée, au théâtre antique, « Guerre d’Algérie/ Révolution algérienne » aux Rencontres internationales de la photographie à Arles. Une centaine de portraits tissent la litanie de ces femmes figées dans leur silence accusateur. Ils sont suivis par les portraits des maquisardes au sourire triomphant par Mohamed Kouaci. Tradition qui forge les moments d’exception des Rencontres d’Arles, Garanger, présent, lit le texte qui figurera ensuite dans le livre. La projection, suivie dans un silence tendu, est une révélation pour beaucoup. Impression vive d’un moment rare, d’un travail qui force le respect tant sont absentes de l’inconscient collectif les images de cette guerre qui ne voulait même pas dire son nom, affublée qu’elle était du terme « événements » par le pouvoir.

« Pourquoi ces femmes sont-elles si émouvantes ? », s’interrogera Hervé Guibert, mettant en parallèle les images d’Elisabeth prises par Kertész et les Algériennes de Garanger.

En 1981, Arles est en effervescence et des années plus fastes commencent pour Garanger.  Son travail est reconnu. En 1982, Claude Nori, présent lors de la projection arlésienne, publie Femmes algériennes 1960. Les portraits sont exposés l’année suivante à la fondation nationale de la photographie à Lyon, Pierre Devin les présente au Centre régional de la photographie à Douchy-les-Mines, et Jean-Dieuzaide au Château d’eau en 1986. Les femmes algériennes donneront lieu à plus de 300 expositions à la biennale de Venise, au musée d’art moderne de San Francisco et de New York.

En 1984 sort La guerre d’Algérie vue par un appelé du contingent, préface de Francis Jeanson, texte et photographies de Garanger.

 « Pour survivre, pour m’exprimer avec mon œil, puisque les mots sont inutiles, je prends mon appareil photo. Pour hurler mon désaccord. Pendant vingt-quatre mois, je n’ai pas arrêté, sûr qu’un jour je pourrai témoigner, raconter avec des images. »

Réticences de l’éditeur, indifférence gênée de la plupart des commentateurs, silence.  Encore un passé qui ne passe pas. Garanger en est meurtri. Ses images ne déclenchent aucune réaction, aucun témoignage des appelés du contingent comme il l’espérait.

Jules Roy en fait pourtant un article élogieux. En 1987, il lui propose de retourner en Algérie, à Aïn Terzine, de retrouver les femmes photographiées, d’en faire un film pour la télévision, mais le projet n’aboutira pas. L’Algérie reste un sujet à ne pas trop sortir des tiroirs. En 2004, il part à la recherche de ces femmes pour Le Monde, 44 ans après les avoir photographiées. Sans nom, sans adresse, il parcourt les villages kabyles, photographies sous le bras, retrouve quelques-unes d’entre elles. Mêmes vêtements, mêmes bijoux, mais poses radieuses. Garanger légende une sélection de 21 clichés pour le quotidien.

En 1990, les éditions La Boite à documents font paraître Femmes des Hauts Plateaux, Algérie 1960, un ensemble de reportages noir et blanc et couleur sur la vie villageoise telle qu’il l’a saisie pendant ses pérégrinations en dehors des patrouilles. Un texte de Leïla Sebbar sur la seconde génération d’Algériens en France sert de contre-champ. Pour conclure avec ce qui le marqua si profondément, il publie Marc Garanger, retour en Algérie avec un texte de Sylvain Cypel en 2007.

Mais le travail sur l’Algérie n’est qu’une part de l’œuvre de Garanger. Avec la bourse du prix Niépce, en pleine guerre froide, il part de l’autre côté du rideau de fer en Tchécoslovaquie. Premier des nombreux reportages sur les pays de l’Est. Il explorera presque toutes les républiques de l’ex-URSS. En 1992, à la sortie de Regards vers l’Est, nous échangions nos conclusions sur ces pays qu’il avait tant écumés. En 2003, il rassemble ses meilleurs clichés pour Russie, visage d’un empire. Il en fera une projection pour Gens d’images à la MEP en 2009.

Homme de gauche, de convictions, il le fut toute sa vie, documentant La chaîne de l’espoir au Cambodge en 2003-2004, s’installant pour une résidence photographique dans un foyer de travailleurs immigrés à Lyon. Il avait soutenu dès la première heures l’association (ADIDAEPP puis APFP) pour défendre puis promouvoir les fonds photographiques.

Il avait quitté Paris pour la campagne où il pouvait travailler plus à l’aise sur ses archives. Dans les années 1978-1980, pionnier, il avait expérimenté le vidéodisque pour archiver son million de négatifs. En 1988, son premier film Regard sur la Planète, 54 000 photographies de Marc Garanger sera suivi de cinq autres sur la vallée de la mort, la Taïga, la Côte d’Ivoire… L’heure du travail sur les archives étant passée depuis longtemps, il était toujours à l’ouvrage. Son fils Martin veille au grain.

Salut l’ami, salut Marc,

Les femmes vous disent merci Monsieur le photographe.

Françoise Denoyelle

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Courrier n°30, janvier 2020

♦ Actualités ♦

Merci à toutes et à tous d’être venus à la réunion des adhérents.
À bientôt


Des nouvelles encourageantes…

Vers une réelle prise en compte des attentes des photographes

L’année 2019 a été marquée par de nombreuses interventions autour de l’avenir des collections et un vrai intérêt de la part des institutions et de leurs conservateurs pour les donations.

L’arrivée d’une nouvelle direction à la tête de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine (MAP) et sa politique d’accueil de nouveaux fonds ont accéléré la prise de conscience du retard que prenaient certaines institutions dans ce secteur. L’accueil par la MAP des fonds Jean Pottier, François Le Diascorn, Denis Brihat (en association avec la BnF), Gilles Caron et tout récemment Jean Mounicq est un signe encourageant pour l’avenir. De concert avec les photographes ou leurs ayants droit, la MAP conserve après donation les négatifs, tirages, archives selon leur souhait. C’est donc des fonds entiers ou très représentatifs de l’œuvre qui sont sauvegardés et seront diffusés selon des accords et des modalités négociés au mieux des intérêts des deux parties et éventuellement de la RMN.  À Chalon-sur-Saône, le musée Nicéphore-Niépce poursuit également une politique d’accueil des fonds conséquente. Après ceux de Jacques Dubois, d’André Papillon et de Jean-François Bauré en 2017/2018, les  fonds d’Yvonne Chevallier et de Jean-Louis Swiners ont également rejoint le musée en 2019. Le bilan très positif de l’an dernier s’est donc confirmé en 2020. Nous évoquerons d’autres institutions aussi très ouvertes à l’accueil de tout ou partie de fonds dans nos prochains courriers.

La nomination de Marion Hislen à la tête de la Délégation à la Photographie du ministère de la Culture représente également une avancée significative. Elle a réussi à créer une dynamique pour faire rentrer des fonds dans les institutions. Une publication en 2020 rendra compte des entrées de photographies dans les bibliothèques, musées, archives… en 2017-2018.

La commission des dons et legs

La commission des dons et legs s’est réunie le 26 novembre 2019. Elle est présidée par deux personnes en charge du comité au sein du ministère de la Culture : la déléguée à la photographie Marion Hislen et Anaïs Feyeux en charge désormais du patrimoine au sein de la Délégation à la Photographie. Des personnes de référence pour le patrimoine. La commission compte des représentants des principales institutions en charge de fonds et de collections de photographie. Françoise Denoyelle est associée à ses travaux. Les œuvres à conserver et leurs supports en particulier les négatifs demeurent de vraies problématiques sur lesquelles les institutions restent partagées en fonction de leur projet scientifique, de la nature de leurs collections, de leurs locaux et des disponibilités de leur personnel.

Le Parlement des photographes

Les séances des comités photojournalisme, création, et du comité national pour le patrimoine photographique du Parlement de la Photographie ont permis d’élargir la réflexion au secteur de l’édition des livres photos. Voir le compte rendu et la très intéressante présentation et analyse de l’édition photographique sur le site du ministère : culture.gouv.fr

Quatre membres du bureau de l’APFP (Françoise Denoyelle, Bernard Perrine, Michel Rager, Donatien Rousseau) étaient présents à la première séance plénière du parlement, le 5 novembre 2019.

L’Assemblée générale de l’APFP

En raison des problèmes de transport peu d’adhérents ont pu se rendre à l’assemblée générale qui devait impérativement se tenir avant la fin de l’année. Le Bureau a pu être renouvelé. Beaucoup avaient envoyé une procuration. Sont reconduit(e)s dans leurs mandats à l’unanimité des 95 votes exprimés pour une période de trois ans : Françoise Denoyelle, Véronique Figini, Jean-Claude Lemagny, Bernard Perrine, Michel Rager, Bruno Réquillart, Donatien Rousseau.

La réunion du 25 février 2020 reprendra le rapport moral présenté à la précédente AG.

Le Jeu de Paume à Paris

À noter plusieurs modifications dans le fonctionnement du Jeu de Paume. Les statuts de cette institution vont être revus. Les représentants du ministère de la Culture n’ont pas le droit de vote au CA alors qu’ils sont les principaux bailleurs de fonds. Des travaux sont prévus avec une fermeture de l’été 2020 à février 2021.

Le Château d’Eau à Toulouse

Plus de 30 ans au service de la photographie grâce à Jean Dieuzaide qui avait créé PACE comme  association. Ce phare de la photographie réunit 5 400 photographies, 14 500 ouvrages et présente des expositions visitées par plus de 30 000 personnes par an. Cette institution passe sous le régime de régie municipale par la volonté de la mairie de Toulouse. Sur les onze employés, cinq n’ont pas signé avec la mairie. PACE, Photographie Au Château d’Eau, est placée en sauvegarde judiciaire. Selon le premier jugement rendu, les collections de photographies et de livres resteraient propriété de PACE qui garderait sa légitimité à Toulouse et dans le monde de la photographie.

L’agence Roger-Viollet à Paris

Roger-Viollet est repris pour 5 ans par le groupe NDLR/Photononstop représenté par Gilles Taquet. Les photographes indépendants, leurs ayants droit, réunis en un collectif de 15 personnes, et le repreneur de l’Agence Roger-Viollet se sont mis d’accord pour prolonger de deux mois les contrats passés avec La Parisienne de Photographie, caducs au 31 décembre 2019. Ces deux mois doivent permettre d’établir de nouveaux contrats de diffusion et de représentation ou de partir de l’agence au 1er janvier 2020.

L’APFP s’associe à la douleur des familles de Jean-Claude Gautrand (portrait ici), Jean Marquis et Jean-Louis Swiners (portrait ici) disparus cette année. Un hommage leur a été rendu lors de la dernière AG. Nous mettrons en ligne sur le site de l’APFP leur biographie et leur soutien à l’APFP.

Le Bureau de l’APFP

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Hommage à Jean-Louis SWINERS

Jean-Louis Swiners, photographe (1935-2019)

“Dernier « like » pour Jean-Louis Swiners”

Par Bernard Perrine

Entre Noël et jour de l’an, Jean-Louis Swiners nous a quittés comme nous l’apprend « A L’ŒIL », le très documenté site de Michel Puech consacré au photojournalisme & à la photographie. Il dit tout sur une vie dévolue à l’image après une brève carrière de photographe répertorié comme « humaniste ». Il cite le texte de Jean Lattes qui le portraitise en « pédagogue terroriste ». Un profil qu’il partageait avec Daniel Masclet lors des fameuses soirées du club des 30×40, à l’heure des remises en cause d’une esthétique vieillotte de la photographie où la netteté du grain comptait plus que le sujet.

Un visionnaire que je remercie aujourd’hui de m’avoir éclairé sur l’avenir incertain d’un photojournalisme « concerné » mais sans avenir, auquel je me destinais. Le village espagnol, « country doctor », la mousson, Pittsburgh… Tous ces « picture essay » d’Eugene Smith ou de John Dominis, Loumis Dean, George Silk ou Gordon Parks… n’avaient de sens que s’ils étaient supportés et publiés par un magazine.

D’où ce manifeste, proclamé au cours d’une séance du club des 30×40, en 1967, que l’on pourrait résumer ainsi : « J’arrête de photographier tant qu’il n’y aura pas de support pour publier mes “picture essay”. » Terme qui dépassait largement ce que l’on définissait comme « reportage » et que Jean-Louis avait longuement expliqué dans Terre d’Images, magazine qu’il a dirigé depuis sa création en janvier 1964 jusqu’à la fin de l’année 1966.

Au milieu des sujets consacrés à la photographie, on trouvait en effet de nombreuses analyses sur l’image et sa lecture, le troisième signifiant… c’est l’époque de la « grammaire de l’image », de la sémantique de l’image. Jean-Louis Swiners y consacre des numéros pour expliquer comment les responsables du magazine américain Life ont appris à leurs lecteurs les significations des mises en page. Comment un numéro avec ses légendes, ses accroches, ses textes, la disposition et la grandeur des photographies pouvait avoir plusieurs niveaux de lecture.

En novembre 1966, il consacre un sujet à la sémiologie et la publicité qu’il s’empressera de rejoindre pour la bousculer à son tour avec son « warmarketing ».

Il faut relire ces quelques années de Terre d’Images qui, au-delà des portfolios de photographes importants, abordaient les nombreux domaines de la photographie, des grandes innovations techniques aux frontières des champs de l’image, sans oublier son histoire encore balbutiante et souvent contée comme une épopée. Les remises en cause seront pour la décennie suivante.

Mais parlons d’histoire car ces numéros sont justement une véritable source pour les historiens. On lit et on entend souvent que dans ces années la photo n’existait pas ou peu. Elle était manifestement absente des grandes institutions : « On ne peut pas vous attribuer de subvention car il n’y a pas de ligne photographique », nous disait-on au ministère de la Culture dans les premières années des Rencontres d’Arles. Ces numéros de Terre d’Images disent le contraire, car Jean-Louis avait lié des contacts avec le monde entier et nous informait de la moindre exposition photo en Amérique, au Japon, en Suède ou en Italie… En France, tout ce qui avait un lien avec la photographie était chroniqué.

Quant à son œuvre photographique, elle fut aussi intense que courte. Il manque un livre, mais qui voudrait s’y intéresser pourra essayer de consulter ce numéro 6 de la revue Terre d’Images, daté de juin 1965, dans lequel on trouvera un portfolio de quinze pages et le « Portrait d’un photographe terroriste » de Jean Lattes.

Comme j’avais fait partie de son comité de rédaction dans ces temps héroïques, ce livre, il voulait qu’on le fasse ensemble. Mais pas sur son œuvre. Il voulait que ce soit un livre de conseils et de « trucs » pour aider les internautes à avoir plus de « likes » sur leurs images.

Sacré Jean-Louis ! Pour avoir ouvert les yeux de ceux qui ont su écouter et comprendre tes messages, plus qu’un pauvre « like », tu as notre reconnaissance.

Bernard Perrine, photographe
Correspondant de L’Institut de France
Texte paru dans 9 Lives Magazine

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Hommage à Jean-Claude GAUTRAND

Jean-Claude Gautrand, photographe (1932-2019)

Jean-Claude eut toujours la prestance d’un jeune homme, la vie allant et venant.

De son regard clair, il visait juste. Le cadre, la lumière le sujet.

Photographe d’abord. Des Forteresses du dérisoire aux Halles de Baltard, de la construction du périphérique au jardin de son père. Historien aussi, dans les archives de Tabard, de Ronis, des Séeberger, cherchant des incunables, des photographies de sport, de trains, de Paris…

Journaliste, comme une seconde vocation, chroniquant les premières Rencontres d’Arles en 1970. Toujours à Arles 50 ans plus tard, pour une dernière expo au cœur de la ville, comme un ultime salut, un dernier clin d’œil à la lumière, à l’amitié.

Oui tout cela et encore un grand-père déambulant dans les rues arlésiennes avec son petit fils, appareil en bandoulière pour faire comme les grands.

Mais avant tout, homme de cœur, de conviction, à la pointe de l’amitié, grand pourvoyeur de solidarité.

Salut le photographe… Bon vent dans l’éternité de tes images, cher Jean-Claude.

Françoise Denoyelle

Jean-Claude GAUTRAND, 1932 (Sains-en-Gohelle, France) – 2019 (Paris, France)

De 1938 à 1951, il poursuit des études primaires et secondaires à Paris. En 1945, il prend ses premiers clichés avec un petit appareil photographique Superfex. En 1956, Il rejoint le photo-club de la Poste (PTT) La découvert de l’œuvre d’Otto Steinert et de la “ Subjective Fotografie ”le marque profondément. En 1957, il acquière un Foca sport, appareil français de petit format suivi, d’un Rolleiflex en 1960 et, en 1972, d’un appareil Minolta. En 1963, pour s’opposer au conformisme qui sévit alors dans la photographie française, avec deux amis, il fonde le groupe Gamma dont il organise la première exposition. La même année, il participe à la création du groupe Libre expression qui rassemble Jean Dieuzaide, Pierre Riehl, André Bilet, André Senil. En 1962, il adhère au Club des 30X40, en devient le vice-président en 1964 puis le président de 1976 à 1979. Ce groupe va marquer de son empreinte la photographie française des années 1960-1970. En 1965, il obtient le prix de la Fédération internationale d’Art photographique pour ses photographies de paysages. 1968 est une année décisive. Ses travaux sont couronnés et ses activités créatrices assumées dans toute leur ampleur. En Espagne, il reçoit, le Grand Prix de la photographie d’avant-garde à San Sébastien, le Grand prix des Arts de la ville de Marseille attribué par le musée Cantini et publie Les murs de mai 1968. En marge de ses travaux de photographe, son rayonnement dans le monde de la photographie l’entraîne dans de nombreuses activités et en fait l’une des figures majeures du monde de la photographie à partir des années 1970. Commissaire d’exposition dans les lieux les plus prestigieux : “ Filleuls et parrains ” aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles, en 1974, “ Dix photographes pour le Patrimoine ” au centre Georges Pompidou, à Paris en 1980, “ Photo de famille ” à la Grande Halle de la Villette, à Paris, en 1990 ; conseiller culturel de festival : festival d’art contemporain de Royan ; membre du conseil d’administration des Rencontres internationales de la photographie d’Arles, de 1976 à 1995, de la Fondation nationale de la photographie à Lyon de 1978 à 1981, de Patrimoine photographique, de 2001 à 2004 et membre fondateur de Jeu de Paume à Paris, en 2004-2019 ; membre du comité de rédaction de l’Encyclopédie Prisma consacrée à la photographie, en 1972 et secrétaire général du prix Nadar en 1984, année où il est fait chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. En 1992-1996, il réalise une série d’entretiens vidéo avec des photographes, pour les archives de Paris Audiovisuel et, en 1997, co-réalise avec le photographe Roger Pic Rétrovision. En 1998, il participe à la série télévisée L’Aventure photographique de Roger Thérond, le directeur de Match et publie ses photographies dans la presse nationale et internationale. Il exerce en parallèle son activité de critique depuis 1965 : Photo Ciné Revue, Nouveau photo Cinéma, Photojournal, Photo tribune, Réponses Photos et depuis 1990 : Le Photographe jusqu’à se fermeture.

Ses activités de critique se doublent de travaux de recherche sur la photographie du XIXe siècle : Hippolyte Bayard, naissance de la photographie qui remporte le prix Lecuyer, en 1986, Le Temps des pionniers, en 1987 et la photographie du XXe siècle : Paris des Photographes, prix Vasari, et prix du livre aux RIP, en 1985. Il collabore à La Nouvelle histoire de la photographie, en 1994, sous la direction de Michel Frizot. Elle fait le point sur les dernières recherches et donne une nouvelle dimension au médium. Il publie des monographies sur les photographes majeurs de la photographie humaniste : 1994, Robert Doisneau, en 2003, Brassaï L’universel en 2004, Willy Ronis. Instants dérobés, en 2005.

Son activité éditoriale ne doit pas occulter ce qui reste essentiel : son œuvre photographique. Elle se traduit par plus de 25 expositions personnelles de 1967 à 2019 et de nombreuses expositions collectives, treize monographies rassemblant ses œuvres et plusieurs catalogues. Son travail sur L’assassinat de Baltard, en 1972, rend compte de la destruction de l’architecture des Halles de Paris. Il est devenu un classique après l’avoir fait connaître du grand public. En 1977, Forteresses du dérisoire, se présente comme un témoignage, mais surtout comme une vision personnelle de l’inanité des ambitions de la soldatesque nazie. L’historien n’est jamais loin du photographe et sa démarche s’inscrit dans la disparition, la dégradation et la trace qui en subsiste sur le papier sensibilisé : Bercy. La dernière balade, 1993, dans la mémoire collective : Camp de Natzwiller-Struthof, au plus intime de ses propres souvenirs avec la série  Le jardin de mon père  en 2019.

Institutions où se trouvent ses photographies :

Bibliothèque nationale de France ; musée Réattu, Arles ; musée Cantini, Marseille; musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône ; Maison européenne de la photographie, Paris ; galerie du Château d’Eau, Toulouse ; Centre Georges Pompidou, Paris ; Bibliothèque historique de la ville de Paris ; Bibliothèque de documentation contemporaine, Paris ;  Centre régional de la photographie du Nord-Pas-de Calais ; George Eastman House, Rochester, Museum of fine art, Houston.

Principales expositions personnelles :

1967, Jean-Claude Gautrand, Société française de Photographie, Paris (France).

1968, Jean-Claude Gautrand, FNAC, Paris ; Musée Cantini, Marseille (France).

1969, Jean-Claude Gautrand, galerie des Quatre vents, Paris et Avignon (France).

1970, Jean-Claude Gautrand, musée d’Art moderne de la ville de Paris, Paris (France).

1972, L’Assassinat de Baltard, Centre international de séjour, Paris, (France).

1977, Les Forteresses du dérisoire Artcurial, Photogalerie, Paris (France) ; Canone galerie, Genève (Suisse) ; galerie municipale du Château d’eau, Toulouse (France); Photographer’s gallery, Londres (Angleterre) ; Rencontres internationales de la photographie, Arles (France).

1978, Les Forteresses du dérisoire, Galerie 74, Vienne (France) ; musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône (France) ; FNAC Strasbourg, FNAC Metz (France).

1979, Les Forteresses du dérisoire, Galerie Paule Pia, Antwerpen (Belgique).

1980, Jean-Claude Gautrand, Mai des Flandres, Bergues ; Grignan (France) ; Work gallery, Zürich (Suisse).

1982, Photographe invité, Quinzaine photographique de Cholet, Cholet (France)

1983, Berner Photo gallery, Berne (Suisse)

1997, Mémoire des lieux et des temps, Espace photographique de Paris, Paris (France); Regards croisés, Centre des bords de Marne, Le Perreux (France).
1999, Vallées englouties, galerie Jean-Pierre Gapihan, Paris, (France).

2002, Itinéraire d’un photographe, 1960-2000, médiathèque André Malraux, Tourcoing, (France).

          Villeneuve la rivière et Hommage à Baltard, Pavillon Baltard, Nogent (France).

          Forteresses du dérisoire, galerie Laurent Herschritt, Paris (France).

2003, Itinéraire d’un photographe, 1960-2000, centre régional de la Photographie Nord-Pas-de-Calais, Douchy-les-Mines (France) ; Bercy, une balade, Bercy village, Paris (France).

2004, Métalopolis, galerie W, Paris ; Chroniques arlésiennes, centre Iris, Paris (France).

2005, Structures, galerie Photo, Montpellier (France) ; Camp de Nazwiller-Struthof, musée Réattu, Arles (France) ; Itinéraire d’un photographe, 1960-2005, musée de la Poste, Paris (France).

2006, Construction et déconstruction, galerie Philippe Chaume, Paris

            Galerie Vrais rêves, Lyon

          Travaux récents, Festival Regards, Villeneuve-la-Rivière

2007, Le temps pour le dire, Maison des Arts, Conches-en-Ouches

          Pavillon Baltard, salle Wateau, Nogent-sur-Marne

          Galerie W. Eric Landau, Paris

2008 La Lumière de l’ombre, médiathèque de Forbach

2010 Paris, Mon amour, galerie Gadcollection, Paris

2015 Itinéraire d’un photographe, galerie CèzArt, Bessèges

2018 Itinéraire d’un photographe, galerie Argentic, Paris

2019 Arles

Principales expositions collectives :

1963, Photography 63, International museum of photography, Rochester (Etats-Unis).

1972, Biennale de Paris, Paris (France).

1975, Triennale de la photographie, Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg (Suisse).

            Immagini della fotografia francese contemporanea, centre culturel FIAT, Turin (Italie)

1976, Tres fotografosfrancese Nori-Plossus-Gautrand, La Photogaleria, Madrid (Espagne).

1977, Collection de la bibliothèque nationale, Centre Georges Pompidou, Paris (France).

1978, Salon d’automne, Paris (France).

1979, The Concrete eye, Centre culturel français, New York (Etats-Unis).

          ARPA, Bordeaux, (France).

          Salon d’automne, Paris (France).

1980, Five french photographers, Australian center of photography, Paddington (Australie).

         Salon d’automne, Paris (France).

1981, Ten contemporary french photographers, Museum of Art, Santa Barbara (Etats-Unis).

          La photographie française depuis 1945, galerie Zabriskie, New York (Etats-Unis).

1984, Images et Imaginaires d’architecture, centre Georges Pompidou, Paris (France).

1989, Photofolie, Rodez (France).

1990, Vingt ans de photographie créative en France, Leverkusen (Allemagne).

          En train, Palais de Tokyo, Paris (France).

1994, Du Mur de l’Atlantique au mur de Berlin, Rencontres de Normandie, FRAC Caen, Caen (France).

1995, Métamorphoses parisiennes, Pavillon de l’Arsenal, Paris (France).

           Auto-Portrait, Picto Service, Paris (France).

1998, Acquisitions récentes, Bibliothèque historique de la ville de Paris, Paris (France).

          Paris sous l’objectif, exposition itinérante, Paris, Tokyo, Beyrouth.

          Il y a trente ans Mai 68, Grignan (France).

1999, Abécédaire d’une collection, musée Réattu, Arles (France).

          Paris sous l’objectif, exposition itinérante, Singapour, Prague, Budapest, Saint- Pétersbourg.

2000, Collection Georges Fèvre, galerie Herschtritt, Paris (France).

           Paris 1840-1960, galerie Herschtritt, Paris (France).

            Montparnasse vu par …, musée de Montparnasse, Paris (France).

2001, Trentenaire du Salon International de la Recherche de Royan, Royan (France).

           Eaux plurielles, Vertou, (France).

2002,  Focales. Coudekerque-Branch, (France).

2004,  La Fenêtre, galerie Simultania, Strasbourg (France).

          Galerie Léon Herschtritt, Galerie Herschtritt, Paris (France).

          Chemin de traverse. Cinq photographes dans l’univers de Jean Giono, Manosque (France).

        Quinzaine photographique de Cholet, Cholet (France).

2007, Nouvelles acquisitions, musée Réattu, Arles

Participe à toutes les expositions du groupe Libre Expression de 1965 à 1971 (Paris, Arles, Buenos Aires…).

Bibliographie

> Ouvrages de photographies

1968, Les murs de mai 1968, Paris, Pensée et Action.

1972, L’Assassinat de Baltard, Paris, Formule 13.

1974, Arts et Métiers Graphiques, n° 90, “ Jean-Claude Gautrand ”.

1977, Forteresses du dérisoire, Paris, Presses de la Connaissance.
          Jean-Claude Gautrand, catalogue monographie, Toulouse, exposition galerie du Château d’eau.

1978, Jean-Claude Gautrand, catalogue monographie, Chalon-sur-Saône, exposition musée Nicéphore Niépce.

1993, Bercy La dernière balade, avec Philippe Gautrand, Paris, Marval.

1997, Mémoire des lieux et des temps, catalogue d’exposition, Paris, Espace photographique.

2003, Bercy Une ballade, catalogue d’exposition, Paris, Bercy Village.

2004, Chemin de traverse, Cinq photographes dans l’univers de Jean Giono, Manosque, Centre Jean Giono.

2005, catalogue d’exposition, Camp de Natzwiller-Struthof, Arles, musée Réattu.

         Numéro spécial, octobre, Images, “ Itinéraire d’un photographe, 1960-2005 ”, Paris.

2007, Le pavillon Baltard, de Paris à Nogent, Editions Idelle.

2011, Paris Portrait of a city, en trois langues, Editions Taschen.

2018, Itinéraire d’un photographe, Editions Bourgenos.

2019, Le Jardin de mon père, Editions Photo-graphie.

> Ouvrages sur la photographie et les photographes

1980, Dix photographes pour le Patrimoine, catalogue de l’exposition, Centre Georges Pompidou, Paris, ministère de la Culture et de la Communication.

1983, Kodak Publicité 1910-1939, Paris, Contrejour.

         Image de l’Image, catalogue de l’exposition, Paris, Musée de la Poste.

1985, Paris des photographes, tome I, Paris, Contrejour /Paris Audiovisuel (prix Vasari 1985 et prix du livre 1985, des Rencontres internationales de la photographie, Arles).

1986, Hippolyte Bayard, naissance de la photographie, en collaboration avec Michel Frizot, Amiens, Editions Des Trois cailloux (prix Lecuyer). Prix Lécuyer.

1987, Le temps des pionniers, collection Photopoche, n° 30, Paris, Centre national de la photographie.

1988, Visions du sport, Paris, Admira.

1990, En train, Paris, La Manufacture.

1992, René-Jacques Chroniques d’époque, Paris, Belfond.

          Les Séeberger Aventure de trois photographes, Paris, La Manufacture.

1994, Jean Dieuzaide-Yan L’authenticité d’un regard, Paris, Marval.

1996, Paris des photographes, tome II, Paris, Marval.

1999, Blanquart-Evrard, Douchy-les-Mines, Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais.

         Avoir 30 ans Chroniques arlésiennes, Arles, Actes Sud/Rencontres internationales de la photographie.

          Paris mon amour, Paris, Tashen.

2000, Roger Pic Une vie d’histoire, Paris, Marval.

2003, Robert Doisneau, Paris, Tashen.

          Jean-Pierre Sudre, Actes Sud

2004, Brassaï L’universel, Paris, Tashen.

2005, Willy Ronis Instants dérobés, Paris, Tashen.

2019, Dernier témoignage de Jean-Claude Gautrand : Arles, Les rencontres de la photographie, 50 ans d’histoire, « 1970-1976 Le temps des pionniers », Paris La Martinière

> Œuvres audiovisuelles

1992, Visions du sport, réalisation d’une projection de photographies, dans le cadre des soirées des RIP, Arles

1992-1996, Entretiens vidéo avec des photographes : Bernard Plossu, Sabine Weiss (1992) ; Denis Brihat, Willy Ronis (1993) ; Pierre Cordier, Jean-Pierre Sudre (1994) ; Lucien Hervé (1995) ; Pierre Michaud (1996), pour les archives de Paris Audiovisuel conservées à la Maison européenne de la photographie.

1997, coréalise, avec le photographe Roger Pic, le film Rétrovision.

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Conférence de presse annuelle de l’APFP : Arles, 4 juillet 2019

ARLES, JEUDI 4 JUILLET 2019 à 10h, Cour de l’Archevêché, Entrée libre

Quel avenir pour les fonds photographiques ?

Françoise Denoyelle, historienne de la photographie, Présidente de l’APFP. Introduction sur les fonds photographiques en France suivie des projets du Ministère de la Culture et de quelques autres exemples.

Donatien Rousseau, photographe, secrétaire général adjoint chargé des régions. Point sur la situation de la galerie Le Château d’eau.

Michel Rager, administrateur, pour le Collectif Roger-Viollet. Point sur l’avenir de l’agence « La Parisienne de Photographie » et des fonds Roger-Viollet.

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Journée d’études : “Les fonds photographiques, faut-il tout garder ?”

Secrétaire adjoint chargé des Régions de l’APFP, Donatien Rousseau organise une journée d’études photographiques : « Les fonds photographiques, faut-il tout garder ? » le 25 novembre 2017 (voir http:/archives.tarn.fr)

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